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4 articles avec litterature

KADATH, LE GUIDE DE LA CITE INCONNUE - d'après l'oeuvre de H.P. LOVECRAFT

Publié le par Wolfshade de Kadath

 

 

 

 

POUR REVER,   TOUJOURS,

 

 

KADATH, LE GUIDE DE LA CITE INCONNUE - d’après l’œuvre de H.P. LOVECRAFT

 

Ce livre m’a été offert à Noël dernier. Magnifique !

 

Auteurs, illustrateurs  : Laurent Poujois - David Camus - Mélanie Fazi - Raphaël Granier de Cassagnac – Nicolas Fructus

Editions Mnémos.

 

guide-kadath-BD.jpg

 

Ce livre est tiré de l’œuvre de Lovecraft. Au travers des quatre narrations entremêlées de quatre voyageurs-rêveurs dont Randolph Carter, qui nous font partager leur périple onirique en Kadath, ce superbe ouvrage se présente un peu à la manière d’un guide touristique. Les narrations, indépendantes les unes des autres bien que mélangées, sont accompagnées de dessins et de cartes extraordinaires de Nicolas Fructus, on visite Kadath en détails, ses quartiers, jardins et bestiaire. Bien que différente de l’histoire d’origine d’ H.P.L., cette histoire ci retranscrit de toute façon l’ambiance unique et oppressante inventée par le maître. Les obsessions lovecraftiennes y sont bien présentes.

C’est à recommander pour ceux qui veulent aborder Lovecraft, et moins difficile. Il n’y a qu’à s’installer dans un bon fauteuil avec ce livre et partir en voyage immobile en se laissant aller au rêve.

Publié dans Littérature

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LA QUETE ONIRIQUE DE KADATH L'INCONNUE - oeuvre de H.P. LOVECRAFT

Publié le par Wolfshade de Kadath

LA QUETE ONIRIQUE DE KADATH L’INCONNUE - H.P. LOVECRAFT

 

 

Kadath l'inconnue

 

Le thème du rêve est omniprésent dans l’œuvre de Lovecraft.

Cette longue nouvelle est dans le plus pur style lovecraftien. Ce récit n’est peut être pas la meilleure entrée en matière dans l’œuvre d’H.P.L. Le style peut paraître lourd, d’un rythme que l’on peut trouver trop linéaire. Cependant ce récit montre l’expérience onirique comme une existence parallèle. Avec de l’entraînement on peut apprendre à rêver, orienter ses rêves et vivre dans d’autres sphères parallèles (voir pour cela les écrits de Carlos Castaneda - mais c’est un autre sujet de lecture).

Ici l’expérience onirique relatée à la manière d’une enquête, est vécue par Randolph Carter héros de l’histoire. Dans sa quête de Kadath, cité extraordinaire qu’il a aperçue dans ses rêves, Randolph est devenu un rêveur expérimenté afin de ne pas succomber aux dangers qu’il pourrait rencontrer dans son périple onirique, ni devenir fou à son réveil. La folie, c’est là le danger : maints rêveurs lambda ayant voulu atteindre cette cité sont devenus fous à leur réveil.

Notre héros rencontrera toutes sortes de créatures fantastiques, qui l’aideront ou pas : les goules, les Zoogs, les Shantaks (sorte de lézards ailés carnivores), les maigres bêtes de la nuit… Après avoir traversé les déserts glacés, sa quête le mènera au mont Ngranek, sommet inviolé, où un visage sculpté est censé représenter la race des dieux disparus.

La narration, avec la description de cités d’une indicible beauté est ponctuée de passages horrifiques, d’émotion, d’émerveillements, de sombres secrets. Il y aura la rencontre de Nyarlathotep, le chaos rampant.

Randolph Carter, le héros, c’est en fait H.P.L. himself.

C’est un monde sans limite à visiter absolument. Pour y aller, pas besoin de fumer la moquette, il suffit de se procurer le livre, de s’y plonger et de rêver.

 

Publié dans Littérature

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H.P. LOVECRAFT : sa vie, son oeuvre

Publié le par Wolfshade de Kadath

 

 

H.P. LOVECRAFT est un écrivain que j'admire depuis toujours.  Voici une petite Biographie de H.P. LOVECRAFT, écrivain et romancier dans le genre fantastique-horreur cosmique, à mi-chemin de l’épouvante et de la science-fiction.

 

Son œuvre est un mélange inquiétant de terrifiants mystères cosmiques qui inspirent d’effroyables rêves aux mortels et d’horreurs des ténèbres, d’une mythologie malsaine où règnent la folie et l’insignifiance de l’espèce humaine.

 

Lovecraft3

 

PETITE BIOGRAPHIE DE H.P. LOVECRAFT :

 

 

Né le 20 août 1890, décédé le 15 mars 1937

 

Howard Phillips Lovecraft est né le 20 août 1890 à Providence près de Boston, Rhode Island, USA, de Sarah Susan Phillips et de Winfield Scott Lovecraft.

 

Ses parents étaient de condition moyenne.

Le père, Winfield Lovecraft mourut en 1898, ayant contracté la syphilis, il fut atteint de folie et de parésie (déficit moteur défini par une perte partielle des capacités motrices du corps). Il fut interné en asile psychiatrique comme l’un de ses cousins proches atteint également par la syphilis. Howard avait seulement 8 ans,  il a très peu connu son père qui était interné depuis déjà 5 ans.

Sa mère, Sarah était d’ascendance anglaise. Souvent malade, ce sont les deux tantes du jeune garçon qui s'occuperont principalement de lui.  Peut être contaminée par la maladie de son époux, Sarah sombra dans une sorte de délire et fut internée à l’asile en 1919 ; elle décéda au Butler Hospital en 1921.  

 

Très tôt, Howard est attiré par l’écriture et la littérature. C’est un enfant très intelligent et curieux de tout. Dès l’âge de 6 ans il écrit des poèmes et sa première nouvelle « the little glass bottle ». Il faut dire que son grand-père vivait dans une grande demeure et possédait une vaste bibliothèque où Howard, enfant solitaire, passait du temps à se plonger dans la lecture d’ouvrages anciens. La bibliothèque regorgeait d’ouvrages d’astronomie, de contes fantastiques.

Il fut inspiré par des auteurs comme Edgar Allan Poe, Lord Dunsany, Arthur Machen.

 

En 1904 le grand-père décède,  Les difficultés financières s'amoncellent.

 

Howard était un enfant enclin à la solitude et de constitution fragile, et Sarah   avait tendance à entretenir cette solitude. Elle sur-protégeait son enfant du monde extérieur de manière obsessionnelle. La situation financière déclinante de Sarah  n’arrangeait pas la vie de la famille, ni sa santé mentale qui s’aggravait.

Le jeune Howard passa la plus grande partie de son enfance à Providence avec quelques rares vacances passées à Dudley dans le Massachusetts, ce qui lui permit de découvrir la nature. Il écrivit plus tard que cela développa sa passion pour le fantastique, en se créant des mondes et des créatures imaginaires.

Dans un tel contexte familial, l’enfance d’Howard ne fut pas vraiment heureuse même si matériellement il ne manquait de rien. A cause d’une santé fragile et d’un tel milieu familial, Howard a dû ressentir très tôt qu’il n’était pas un enfant comme les autres, et cela aura contribué à son repli sur lui-même et à des activités solitaires en s’échappant dans les rêves et la lecture.

On l’appellera plus tard le « reclus de Providence ».

 

La famille maternelle était la plus solide point de vue santé. Passionné par la généalogie, Howard parle plus volontiers dans ses lettres de cette branche « celle qui ne fut pas infectée », et reste bien plus vague concernant la branche paternelle où il y eut des cas de folie ou de suicide. Cette malédiction héréditaire se retrouvera dans son œuvre, comme « Le cauchemar d’Innsmouth » où les habitants souffrent de malformations.  

 

Howard commence donc à écrire très tôt, des textes classiques et des essais. A treize ans il écrit sa première nouvelle fantastique « The Beast in the cave ».

Il se passionnait pour l’astronomie. Il fonde alors une revue polycopiée, et à seize ans écrit mensuellement des articles sur les phénomènes astronomiques dans le journal local « La Tribune de Providence ». Il est rapidement engagé dans la publication d’un fanzine d’astronomie « The Rhodes Island Journal of Astronomy ».

 

Il écourte ses études avant l’université pour raisons de santé, puis s’inscrit à l’United Amateur Press Association dont il devient l’un des fleurons où il créera un réseau de correspondants à qui il fait bien souvent cadeau de ses idées au détriment de sa propre œuvre. Il lui arrivait très fréquemment d’aider ses correspondants en leur apportant idées et conseils.

 

Howard a du mal à vivre en société. De santé fragile, trop faible de caractère, trop effacé,  ancré dans des idées d'un autre âge, toujours insatisfait de son travail et rongé par un mal être permanent, il n’a pas le sens des contacts humains. Aux yeux des autres, il parait austère, désabusé. Cependant sa volumineuse correspondance dévoile un individu certes cynique mais sociable, curieux de tout et passionné,  et très aimable. Il laissera une correspondance de plus de 80 000 lettres recensées à sa mort.

 

Malgré tous ses efforts, ses écrits ne sont que rarement publiés.

En 1919, sa mère est internée au Butler Hospital où elle décède en 1921.

 

En 1923 il fait un bref séjour à New-York où il fréquente un cercle d’amateurs de fantastique. Il réussira à faire paraître un premier récit « Dagon » dans le magazine Weird Tales. Il rencontre Sonia Haft Greene à New-York, journaliste amateur, âgée de 10 ans de plus que lui. Il l’épouse en mars 1924 et part s’installer chez elle à New-York. Deux ans après, Lovecraft quitte New-York, ville oppressante qu’il ne supporte plus, pour retourner à Providence vivre chez sa tante Lillian Clark. Il divorcera en 1929 et ne reprendra plus d’autre femme.

 

Il se renferme sur lui-même écrira alors ses plus grandes œuvres : « The Call of Clthulu » en 1926, « The Shadow out of the Time » en 1931 entre autres. Il développe de manière grandiose et cosmique les thèmes évoqués dans ses textes antérieurs.

 

Le livre « Le Necronomicon » dont la ville d’Arkham et l’université de Miskatonic, inventés de toutes pièces, est très connu des lecteurs de fantastique et d’horreur.

 

Howard n’arrivera pas à être reconnu pour son talent durant son vivant. Il pratique différents petits boulots peu rémunérés, sa plume ne lui permettant pas de vivre. Il continue à être nègre littéraire pour d’autres auteurs, médiocres mais assez fortunés pour payer quelqu’un capable de faire le travail à leur place. Il écrira ou réécrira pour eux un nombre incalculable de textes. Il travaillait entre autres pour la revue Weird Tales.

 

Toujours insatisfait de lui-même, il travaille sans relâche et publie dans différents pulps où on lui fait essayer tous les genres. Souvent son travail est refusé (Weird Tales), ignorant les nécessités et les goûts humains ordinaires, on reprochait à son écriture de ne pas correspondre aux critères éditoriaux à la mode de l’époque. Son écriture était trop compliquée, trop ampoulée pour le public de cette presse. D’où des conflits avec l’éditeur. En bref,   pas assez commercial ni assez people.

 

Au début des années 1930 il se rend à Québec dans les anciens bastions coloniaux d’Amérique et sur les grands sites archéologiques. L’Angleterre victorienne l’attire, il regrettera de n’avoir pas vécu pendant cette période.

 

Pendant les dernières années de son existence, Lovecraft de plus en plus solitaire, ne sort que rarement pour rencontrer quelques correspondants. Il vit en reclus avec ses tantes et plein de chats. Il aime beaucoup les chats. Cela engendrera sa nouvelle « Les Chats d’Ulthar ».

Le reclus de Providence, devenant quelque peu étrange, d’une santé de plus en plus déficiente,  est toujours très fatigué. Il n’écrira principalement que la nuit, dormant souvent le jour. Très sensible à la lumière, il ne la supportait plus. Il retranscrit immédiatement les rêves étranges qu’il fait.

 

Sa situation matérielle dégénère en même temps que sa santé se détériore. A partir de l’automne 1936 sa maladie empire. Courant février 1937 il est admis au Jane Brown Memorial Hospital pour y décéder le 15 mars 1937 d’un cancer de l’intestin. Il est enterré dans la concession familiale à Swan Point.

 

Son œuvre est symptomatique d’un profond malaise dû à ce qu’il a vécu depuis sa petite enfance.Les thèmes rémanents de son œuvre sont la folie, la malédiction héréditaire, la dégénéresence (en lien avec sa famille), la futilité des croyances, les unions contre nature, la xénophobie, le rêve, les cauchemars, la communication avec d’autres entités par le biais du rêve, l’angoisse du temps.

Le rêve est un thème omniprésent, comme dans son ouvrage « La quête de Kadath l’inconnue », dont le héros Randolph Carter n’est autre que lui-même. Et dans « l’appel de Cthulhu » où le Grand Ancien plongé dans ses rêves depuis la nuit des temps au fond de la mer communique avec les hommes par le rêve.

 

A sa mort il laissera derrière lui de nombreux textes non publiés.

 

August Derleth et Donald Wandrei, amis de Lovecraft et travaillant également pour la revue Weird Tales créèrent la maison d’édition Arkham House afin de publier et de faire connaitre les œuvres de Lovecraft. Grâce à leur acharnement et leur dévouement pour diffuser ses œuvres, H.P. Lovecraft obtiendra un succès posthume bien mérité, non démenti à ce jour. Grâce à August Derleth le mythe de Cthulhu connaitra un grand succès. Il est reconnu à présent comme l’un des pères fondateurs du fantastique moderne.

 

H.P.L. aura inspiré des auteurs de fictions tels que : Robert E. Howard (décédé avant lui), Robert Bloch, August Derleth (son ami), et plus proche de nous Stephen King. Il est très connu également des amateurs de jeux de rôles par le jeu nommé Cthulhu.

Le cinéma, la musique rock puisera aussi dans les créations lovecraftiennes   (voir dans la catégorie musique du présent blog).

 

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SA BIBLIOGRAPHIE :

 

Voici une liste certainement non exhaustive de ses écrits selon leur date de création,    nouvelles et romans qui ont été traduits en français,  sachant que H.P.L.  a écrit  complètement ou révisé quantité de textes pour d'autres auteurs  :

1897: La petite bouteille de verre
1898: La caverne secrète
1898: Le mystère du cimetière
1902: Le vaisseau mystérieux
1905: La bête de la caverne
1908: L'alchimiste
1917: Dagon
1917: Douce Ermengarde
1917: La tombe
1917: Quelques souvenirs sur le Dr. Johnson
1918: Polaris
1919: Par-dela le mur du sommeil
1919: La malédiction de Sarnath
1919: Souvenir
1919: Le bateau blanc
1919: Le témoignage de Randolph Carter
1919: La transition de Juan Romero
1920: L'arbre
1920: La rue
1920: Le temple
1920: Le terrible vieillard
1920: Les chats d'Ulthar
1920: Celephaïs
1920: De l'au-delà
1920: Faits concernant feu Arthur Jermyn
1920: Nyarlathotep
1920: L'image dans la maison déserte
1921: Les autres Dieux
1921: La quête d'Iranon
1921: La musique d'Erich Zann
1921: Ex Oblivione
1921: La cité sans nom
1921: La tourbière hantée
1921: Je suis d'ailleurs
1922: Azathoth
1922: La peur qui rôde
1922: Le molosse
1922: Ce qu'apporte la Lune
1922: Hypnos
1922: Herbert West, réanimateur
1923: Le festival
1923: L'indicible
1923: Les rats dans les murs
1924: La maison maudite
1925: Lui
1925: Dans le caveau
1925: Horreur à Red Hook
1926: Le descendant
1926: L'étrange maison haute dans la brume
1926: La clef d'argent
1926: L'appel de Cthulhu
1926: Air froid
1926: Le modèle de Pickman
1927: L'affaire Charles Dexter Ward
1927: Le peuple ancien
1927: La couleur tombée du ciel
1927: Histoire du Necronomicon
1927: La quête onirique de Kadath l'inconnue
1928: L'abomination de Dunwich
1928: Ibid
1930: Celui qui chuchotait dans les ténèbres
1931: Les montagnes hallucinées
1931: Le cauchemar d'Innsmouth
1932: La maison de la sorcière
1933: Le clergyman maudit
1933: Le monstre sur le seuil
1934: Le livre
1934: La chose dans la clarté lunaire
1935: Celui qui hantait les ténèbres
1935: Dans l'abîme du temps

 

 

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Les Chats d'Ulthar - nouvelle de H.P. LOVECRAFT

Publié le par chroniquesdemercredi

Parce que j'aime à lire dans le genre étrange, fantastique, épouvante,   j'aime à lire les écrits de H.P. LOVECRAFT,  orfèvre en la matière,   écrivain dans le genre fantastique-horreur cosmique.   Pour commencer voici une nouvelle,   qui n'est ni épouvantable ni horrible mais possède une bonne part d'étrange.  Je parlerai de cet écrivain plus tard.
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On raconte que dans Ulthar, de l’autre côté de la rivière Skaï, aucun homme n’a droit de tuer un chat. J’en suis d’autant plus convaincu que mes yeux se posent sur celui qui est assis là, ronronnant près du feu. Le chat est un animal mystérieux. Il devine et voit des choses que les humains ne perçoivent pas. N’est-il pas l’âme de l’antique Egypte et le sujet des contes oubliés de Meroe et Ophir? De plus, il est apparenté au Seigneur de la Jungle, et comme tel, il est l’héritier des secrets de la sombre et inquiétante Afrique. Le Sphinx est son cousin. Il parle le même langage, mais il est plus ancien que lui et il se souvient de ce que le Sphinx a oublié.

Chat chassant 1 souris


A Ulthar, longtemps avant que l’on interdît d’abattre les chats, il y avait un vieux paysan et sa femme qui prenaient plaisir à prendre au piège, pour les tuer, les chats de leurs voisins. Pourquoi se livraient-ils à ce massacre? Je l’ignore. Beaucoup de gens ont les chats en horreur, et ils ne supportent pas de les voir se glisser furtivement dans les cours et les jardins après le crépuscule. Peut-être ce couple était-il du nombre, toujours est-il qu’ils tuaient tous les chats qui s’approchaient de leur maison. D’après les cris que l’on percevait la nuit, de nombreux villageois pensaient que le couple devait avoir un procédé bien particulier pour se défaire des animaux. Mais ils évitaient soigneusement d’en parler avec le vieil homme et sa femme. Il faut dire que l’expression de leurs deux visages ridés était effrayante. En vérité, si les propriétaires de chats haïssaient ces étranges habitants d’une minuscule chaumière, dissimulée sous des chênes centenaires, der­rière une cour abandonnée, ils les craignaient plus encore. Et au lieu de les traiter comme des assassins, ils se contentaient d’empêcher leurs animaux favoris de s’approcher de la maison maudite. Lorsque, à la suite d’une imprudence, un chat disparaissait et que l’on entendait dès la nuit tombée les bruits étranges, il ne restait plus à son maître qu’à se lamenter, ou à se consoler en remerciant le destin que ce ne fût pas l’un de ses enfants qui eût disparu. Car les gens d’Ulthar étaient simples. Ils ne savaient pas d’où les chats étaient originaires. Un jour, une caravane d’étrangers venus du sud pénétra dans les rues étroites et pavées d’Ulthar. Ces voyageurs avaient la peau sombre et ne ressemblaient pas à ceux qui traversaient, deux fois l’an, le village. Pour quelque argent, ils disaient la bonne aventure sur la place du marché, et achetaient avec leurs gains des colliers de verroterie. 


Personne n’aurait su dire quel était leur pays d’origine. Mais leur comporte­ment était curieux et leurs singulières prières étonnaient. Sur les flancs de leurs roulottes, ils avaient peint de curieuses silhouettes dont les corps humains portaient des têtes de chats, de faucons, de béliers et de lions. Le chef de la caravane avait sur la tête un bonnet décoré d’une paire de cornes et d’un curieux cercle.


Il y avait, dans cette singulière caravane, un petit garçon orphelin de père et de mère, qui avait reporté toute son affection sur un charmant chaton noir. La peste n’avait pas épargné les siens, mais elle lui avait laissé, quand même, cette petite créature soyeuse pour apaiser son chagrin. Lorsqu’on est très jeune, on peut trouver une consolation à voir gambaderjoyeusement un petit chat noir. Le garçon, que les gens basanés appelaient Ménès, souriait plus souvent qu’il ne pleurait pendant qu’il jouait avec son petit animal sur les marches d’une roulotte bizarrement peinte. Au troisième matin du séjour des voyageurs à Ulthar, Ménès ne retrouva pas son chaton noir. En le voyant sangloter sur la place du marché, certains villageois lui parlèrent du vieil homme et de sa femme, et des bruits que l’on entendait la nuit près de leur maison. Lorsqu’il eut écouté ces paroles, l’enfant s’arrêta de pleurer et se mit à méditer. Puis il fit une prière. Il tendit les bras vers le soleil, et récita des litanies dans une langue qu’aucun habitant d’Ulthar ne pouvait comprendre. A ce moment-là, les nuages prirent une forme curieuse. Il se formait dans le ciel des silhouettes indistinctes et nébuleuses de plantes exotiques, de créatures hybrides couronnées de cercles entourés de cornes. La nature aime prendre parfois ces figures tourmentées qui impressionnent les imaginatifs. Cette nuit-là, les voyageurs quittèrent Ulthar, et on ne les revit jamais plus.


chatdemoniaque.gif


Le lendemain matin, les villageois s’aperçurent, bouleversés, que les chats avaient disparu. L’animal familier semblait avoir déserté tous les foyers. Petit, grand, gros, noir, gris, jaune, rayé, il n’y avait plus un seul chat dans tout le village. Le vieux Kranon, le bourgmestre, jura que les gens à la peau sombre s’étaient emparés de tous ces animaux pour venger la mort du petit chat de Ménès, et il maudit et la caravane, et le jeune garçon. Mais Nith, le fluet notaire, déclara qu’il s’agissait sans doute encore d’un mauvais tour du vieux villageois et de sa femme, car leur haine des chats empirait de jour en jour. Pourtant, personne n’osa incriminer le sinistre couple. Atal, le fils de l’aubergiste, jura bien qu’il avait vu tous les chats d’Ulthar réunis au crépuscule dans la cour déserte de la chaumière. Mais pouvait-on accorder crédit au récit d’un si jeune garçon? Celui-ci racontait que tous les chats avaient suivi solennellement deux d’entre eux, comme s ils accomplissaient un rite inconnu. Mais les villageois, tout en craignant que le vieillard et sa femme eussent envoûté les chats pour les faire mourir, préférèrent ne pas se rendre à la lugubre demeure. Ils atten­draient que le couple sorte pour l’accabler de reproches. Ulthar s’endormit en colère. Mais à l’aube un miracle semblait s’être produit, car les habitants retrouvèrent, à leur réveil, tous les chats du village. Petits, grands, gros, noirs, gris, jaunes, rayés, tous les chats étaient revenus. Ils semblaient gras et luisants, et ils ronronnaient de plaisir. Les citoyens discutèrent de cet événement et s’étonnèrent grandement de cette étrange aventure. Le vieux Kranon répéta que c’était là l’oeuvre des gens à la peau basanée, puisqu’il était de notoriété publique que les chats ne revenaient jamais vivants de la chaumière du sinistre couple. Tout le monde tomba d’accord sur le fait que, les chats ne touchant plus à leurs pâtées ni à leurs soucoupes de lait, il y avait là quelque chose de curieux. Pendant deux jours entiers, les chats d’Ulthar refusèrent de toucher à leur nourriture et se chauffèrent au soleil ou près des foyers. Une semaine se passa avant que les villageois remarquent qu’il n’apparaissait plus aucune lumière à la fenêtre de la chaumière, sous les arbres. Puis le fluet Nith déclara que personne n’avait plus vu le vieil homme et sa femme depuis la nuit où les chats avaient disparu. Une semaine plus tard, le bourgmestre surmonta ses craintes pour aller voir ce qui se passait dans la silencieuse demeure. Il prit la précaution d’y aller accompagné de deux témoins: Shang, le forgeron, et Thul, le tailleur de pierre. Lorsqu’ils eurent enfoncé la porte, ils ne trouvèrent que deux sque­lettes parfaitement nettoyés, et un grand nombre de scarabées étranges qui grouillaient à travers toute la pièce. Cette découverte donna lieu à de nom­breuses discussions. Zoth, le juge, se disputait à longueur de temps avec Nith, le fluet notaire. Kranon, Shang et Thul étaient pressés de questions. Même le jeune Atal, le fils de l’aubergiste, fut interrogé à plusieurs reprises et reçut des bonbons en récompense. On parla du vieux villageois et de sa femme, de la caravane et des étrangers à la peau sombre, du petit Ménès et de son chaton noir, des prières de Ménès et du ciel tourmenté, de ce que les chats avaient fait la nuit où la caravane était partie, et de ce qu’on avait trouvé plus tard dans la chaumière, sous les arbres sombres de la cour repoussante. Et, pour finir, les bourgeois instituèrent cette loi remarquable dont les commerçants parlent à Hotheg et les voyageurs à Nir. A savoir qu’à Ulthar aucun homme n’a le droit de tuer un chat.


H.P. LOVECRAFT

Publié dans Littérature

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